Collaborer. Pas toujours facile. Parfois ça marche. Et même très bien. Parfois, par contre… Ça ne marche pas du tout ! Il faut dire que bien des facteurs entrent en ligne de compte dans la collaboration. Le projet : rêvé, imposé ou démarré trop vite. Le lieu de travail : trop petit, trop grand, trop loin, pas connecté. L’équipe : comment s’est-elle formée déjà ? Et puis, il y a les gens : plus ou moins assortis, ne sachant pas trop quoi faire, qui n’écoutent pas ou ne parlent pas assez. Et pourtant, qui ne souhaite pas trouver un moyen d’y parvenir… à collaborer ?

Grande complexité cherche confiance, proaction et collaboration
Beaucoup conviendront de l’ampleur et de la complexité des enjeux dans lesquels nous sommes engagés dans la vie professionnelle. Ils nous demandent d’être inventifs, de combiner toutes sortes de ressources et de partenaires avec lesquels nous ne sommes pas familiers. Pourtant nous savons bien que plusieurs têtes valent mieux qu’une ! « Dans cet élan de création d’une intelligence un tant soit peu collective, le partage de nos expertises et la traduction de nos connaissances demandent souvent un peu moins d’efforts que de nous arrimer d’humain à humain, de créer la confiance utile à la mise en commun, d’adopter la posture de bienveillance » présente Anne-Marie Grandtner.

Bien qu’elle soit l’essence même des activités gestionnaires, intraprenariales et entreprenariales, cette complexité qui nous étourdit et nous dépasse parfois, il faut bien le dire, exige de transformer notre capacité de réaction. Notre capacité d’action est sollicitée presqu’en temps réel, au fur et à mesure que les enjeux émergent. Elle s’active dans un contexte caractérisé par le fait que que les bonnes pratiques ou les meilleures pratiques ne conviennent déjà plus… La réaction devient inutile. Ce qu’il nous faut, c’est développer la capacité de proaction.

L’impact de ces nouveaux et nécessaires amalgames de ressources et de capacités se cristallise graduellement dans les structures mêmes de nos organisations. Ces dernières tentent de s’adapter dans un esprit d’innovation ouverte. Elles réorchestrent, de façon transversale et multidisciplinaire, les équipes, les projets ou les organisations elles-mêmes, alors que leurs frontières deviennent poreuses le temps d’un projet spécial, régional, international ou d’un hackathon. Et la collaboration comme stratégie d’innovation revient sur le devant de la scène. Déclinée en projet, partenariat, synergies, écosystèmes, alliances… la collaboration est partout.

Questions en suspens
En phase d’adaptation aigüe, il arrive que certaines questions restent en suspens. Comment garder son alignement personnel et participer au mieux à la mouvance collective ? Au-delà des outils technologiques qui nous sauvent du temps et reconfigurent nos alliances… Comment garder un focus salutaire autant sur notre propre ressenti pour raffiner notre prise de décision que sur notre environnement pour réaliser l’impact de nos actions ? Comment raffiner notre capacité à trouver un juste équilibre entre l’action personnelle et l’impact de cette action dans les projets auxquels nous participons ? Comment le corps peut-il aider ? Comment s’en faire un allié pour mettre en œuvre les capacités collectives qu’il nous faut activer quand collaborer signifie progresser ?

Le corps en mouvement, capteur de big data
La maxime
Un esprit sain dans un corps sain, que nous ont léguée les anciens, fait un retour remarqué à l’aune des avancées des neurosciences. Elles nous rappellent que le corps, que nous en avons tous en inventaire, est un outil puissant. Il ne demande qu’à être redécouvert.

Un bon décodeur
C’est par des exercices variés intégrés à notre routine que le corps nous aide à rester en équilibre et performants. Que ce soit la course, le Shintaido ou la danse sociale, un entraînement minimal nous redonne énergie et concentration. Et le corps actif aime décoder la variation de nos désirs.
Apprendre à ramener régulièrement l’attention à notre corps et ce qu’il a à dire est pertinent pour tous les acteurs de la collaboration. Au moment d’assurer une meilleure transition entre la frénésie extérieure et un état d’esprit plus réceptif utile à la tenue de réunions importantes, par exemple. Cette attention amène l’alignement corps-esprit qui sait générer une clarté insoupçonnée. Notre écoute devient profonde, nos prises de décisions redoublent d’efficacité.

Un excellent levier de changement
Un focus soutenu sur le ressenti corporel nous apprend qu’il émet des signaux et qu’il peut changer à tout moment et surtout en relation avec les autres humains. Le suivre de près, permet de raffiner sa capacité d’ajustement avec ceux avec qui nous nous engageons à collaborer. Notre intelligence devient émotionnelle et génère la confiance nécessaire à la mise en commun.
Oubliez cerveau droit ou cerveau gauche. Engagez le corps au complet ! Par le mouvement, ce sont nos capacités de reprogrammation qui s’activent et modulent nos habitudes de résolutions de problèmes qui autrement font appel au même état d’esprit… reproduit à l’infini. La mystérieuse sagesse du corps nous amène ailleurs. Un peu de pratique , suivre les mouvements, les observer puis y réfléchir permet de générer points de clarté et de réorienter nos décisions.

Un outil pour créer du sens ?
Indispensable.

Qui dit collaboration, dit nécessité de comprendre le contexte auquel on appartient. L’intelligence devient collective quand il y a synchronisation et bouger ensemble raffine ce rythme qui ouvre la possibilité d’un changement de perspective. De plus, augmenter la capacité de combiner une conscience de soi et une gestion de soi, en contexte, ainsi que de comprendre ou d’anticiper l’impact de nos gestes sur l’environnement, contribuent à la conscience organisationnelle.

Utile.
Comme un crayon Sharpie nouveau genre, les corps en mouvement peuvent aussi servir d’outil d’analyse ! Les corps servant de représentation des éléments d’un système, leurs mouvements permettent d’aborder les situations complexes, de cartographier les relations ou même explorer la réaction d’un écosystème à une nouvelle idée, lors du prototypage de nos innovations.

Le corps peut-il soutenir les capacités collectives qu’il nous faut activer quand collaborer signifie progresser ?
A essayer !

Prochaine formation :

11 mai – Comment favoriser l’intelligence collective et la collaboration par le mouvement ?