Le projet « Points d’accès  Inforoute  Initiation de la population »

Au début de l’année 2000, un grand projet prenait forme : « Inforoute – Points d’accès – Initiation de la population ». Ce projet, soutenu par le Fonds de lutte contre la pauvreté par la réinsertion au travail, entend agir comme déclencheur de l’appropriation des technologies par les populations démunies en leur permettant de s’initier à l’univers technologique dans une atmosphère conviviale et chaleureuse.

La mise en œuvre de ce projet s’est étalée sur plusieurs mois. Communautique bénéficie de l’appui d’un réseau de partenaires répartis dans plusieurs centres urbains du Québec :

  • Amos – Corporation de développement communautaire d’Amos
  • Ville Saguenay (Chicoutimi) – Association canadienne pour la santé mentale – Saguenay (ACSMS)
  • Hull – Corporation de développement économique et communautaire de Gatineau
  • Longueuil – Corporation de développement communautaire de Longueuil
  • Montréal
    • Centre des services communautaires du monastère (Centre-Sud / Plateau Mont-Royal)
    • La Puce communautaire (Hochelaga-Maisonneuve / Mercier)
    • Le Magasin Partage Petite-Patrie (Rosemont / Petite-Patrie)
    • Carrefour d’éducation populaire de Pointe St-Charles (Sud-Ouest)
  • Québec – Corporation de développement économique et communautaire de Québec
  • Rimouski – ATENA Groupe Conseil
  • Sherbrooke – Collectif Régional d’Éducation sur les Média d’information (CREMI)
  • Trois-Rivières – Économie communautaire de Francheville (ÉCOF)

Ensemble, Communautique et ses partenaires ont œuvré à la mise sur pied des points d’accès à Internet au sein de groupes communautaires de Québec, Gatineau, Ville Saguenay, Sherbrooke, Magog, Lennoxville, East Angus, Trois-Rivières, Amos, Landrienne, Rimouski, Mont-Joli, Longueuil et quatre arrondissements de Montréal : Centre-Sud / Plateau Mont-Royal, Hochelaga-Maisonneuve / Mercier, Sud-Ouest et Rosemont / Petite-Patrie.

La formule est originale : 80 points d’accès constitués d’au moins un ordinateur installé dans un groupe communautaire, où l’on propose des activités d’initiation réalisées par douze équipes de trois animateurs et animatrices ou plus qui visitent les groupes de leur région ou arrondissement cinq fois par semaine et offrent des périodes d’initiation aux gens qui fréquentent l’organisme ainsi qu’à la population.

Phase 1

Dès janvier 2000, Communautique et ses partenaires régionaux ont travaillé à définir les critères devant guider le choix des groupes communautaires où seraient situés les points d’accès. Leurs préoccupations communes consistaient à veiller à rejoindre les populations les plus démunies et à assurer la pérennité des ressources mises en place. À partir de ce moment, 51 groupes communautaires se sont engagés avec enthousiasme et commençaient à accueillir des personnes désireuses de s’initier aux technologies de l’information et de la communication.

L’objectif de la première année d’activité du projet – 5 000 présences aux points d’accès de la province – a largement été dépassé. En effet, à la fin de la première phase, 9 739 présences ont été dénombrées dans les points d’accès qui participaient au projet.

Phase 2

Vu les excellents résultats de la première phase, tant pour les citoyens et citoyennes du Québec que pour les animateurs et animatrices, le Fonds de lutte contre la pauvreté par la réinsertion au travail a accepté de soutenir le projet pour une autre année, ce qui a permis à Communautique et ses partenaires, non seulement de maintenir en emploi 13 des animateurs et animatrices déjà en poste, mais aussi de développer le projet par l’ajout de 35 nouvelles personnes dans l’équipe d’animation, de 17 points d’accès dans les 7 régions où le projet était déjà présent et de 2 nouveaux partenaires dans 2 nouvelles villes : Ville Saguenay (Chicoutimi) et Longueuil. Chacun de ces nouveaux partenaires a recruté 6 groupes communautaires désireux de s’engager dans le projet.

Également, afin de répondre aux demandes des participants et participantes, de nouveaux types d’ateliers d’initiation à la bureautique et à la création de pages Web, ont été initiés et sont maintenant offerts dans les points d’accès. L’ajout de périodes d’accès accompagné par un animateur ou une animatrice constitue aussi une nouveauté de la deuxième phase.

En plus du soutien majeur du Fonds de lutte contre la pauvreté par la réinsertion au travail, Communautique a obtenu un appui important du Fonds jeunesse Québec, qui a permis de créer de nouveaux emplois pour des jeunes de moins de trente ans et de les intégrer aux équipes d’animation de 5 régions au début du mois de novembre. Le projet a permis de créer un total de 54 emplois lors de la Phase 2.

Phase 3

Au cours de l’été 2002, compte tenu de l’importance des résultats obtenus, le Fonds de lutte contre la pauvreté a accepté de soutenir le projet pour une troisième année. La Phase 3 permettra à Communautique et ses partenaires de maintenir en emploi 3 des animateurs et animatrices déjà en poste et de créer 36 nouveaux emplois au sein des 12 équipes d’animation.

Au mois de juillet 2002, on comptait plus de 30,500 présences aux activités du projet « Inforoute – Points d’accès – Initiation de la population ».

La participation aux ateliers d’initiation et de familiarisation à Internet

Quelques données statistiques

Au mois de juillet 2002, on comptait, depuis le début du projet, 30,520 présences aux activités des points d’accès.

Du mois de juin 2001 à celui de juillet 2002, on dénombrait 20,591 présences.

Profil général des participants et participantes aux ateliers d’initiation entre juin 2001 et juillet 2002 par groupe d’âge
Groupe d’âge Pourcentage
Moins de 18 ans 4 %
De 18 à 30 ans 7 %
De 31 à 40 ans 19 %
De 41 à 50 ans 22 %
De 51 à 60 ans 18 %
Plus de 60 ans 30 %

 

Profil général des participants et participantes aux ateliers d’initiation entre juin 2001 et juillet 2002 par sexe
Sexe Pourcentage
Femmes 71 %
Hommes 29 %

 

Profil général des participants et participantes aux ateliers d’initiation entre juin 2001 et juillet 2002 par occupation
Occupation Pourcentage
En emploi 18 %
Étudiant 7 %
Sans emploi 38 %
Retraité 37 %

Les personnes sans emploi, les femmes et les personnes de plus de 40 ans constituent ainsi une importante partie des participants et participantes aux ateliers d’initiation et de familiarisation.

Nombre de visites entre juin 2001 et juillet 2002
Nombre de visites Pourcentage
Première visite 41 %
Plus d’une visite 59 %

 

Utilisation future des connaissances acquises (plus d’une réponse acceptée) entre juin 2001 et juillet 2002
Utilisation future Pourcentage
Recherche d’emploi 20 %
Activité de bénévolat 9 %
Travail 19 %
Loisirs 72 %

Une proportion importante (39%) des participants et des participantes déclarent désirer utiliser les connaissances acquises à des fins de recherche d’emploi ou pour leur emploi actuel. Le courrier électronique, lui, servira surtout des fins personnelles.

Presque tous les participants et les participantes expriment le désir de revenir aux ateliers, ce qui illustre l’importance des besoins de formation de gens peu familiers avec l’informatique et Internet.

Au delà des chiffres

Des activités adaptées aux besoins

La formule des activités est conçue en vue de faciliter les apprentissages en tenant compte des particularités des personnes rejointes. L’animateur ou l’animatrice populaire initie seulement deux personnes à la fois, pour une période de trois heures. Cette formule bi-individuelle permet aux animateurs et aux animatrices de s’adapter au rythme d’apprentissage de chacune des personnes. Aussi, l’approche est centrée sur les besoins et les intérêts des participants et des participantes.

Les personnes reçues ont souvent un grand besoin de parler, d’échanger et d’être rassurée quant à leur capacité à apprendre ainsi qu’à utiliser un ordinateur et Internet. Ainsi, les personnes âgées, bien que motivées, sont souvent très craintives au départ. Dès qu’elles constatent que l’atelier est adapté à leur rythme et qu’elles peuvent apprendre, leur intérêt augmente, et ce, même si elles doivent consacrer un certain temps à cet apprentissage. De nombreuses personnes ont besoin qu’on leur dise qu’il est tout à fait normal de n’avoir jamais touché à un ordinateur et qu’il y a un début à tout.

Depuis l’automne 2001, de nouveaux types d’ateliers ont été introduits afin de répondre aux demandes des participants et participantes. Ainsi, en plus des activités d’initiation à Internet, on peut dorénavant apprivoiser le traitement de texte, les feuilles de calcul, la conception de pages Web ou être accompagné d’un animateur ou d’une animatrice lors de périodes de mise en pratique.

Qui sont-ils? Qui sont-elles?

Des personnes âgées, des jeunes de différents groupes d’âges, des résidants et résidantes de HLM ou de coopératives d’habitation, des femmes cheffes de famille, des personnes analphabètes ou en voie d’alphabétisation, des personnes vivant des problèmes de toxicomanie, des autochtones, des personnes appartenant à différentes communautés culturelles, des nouveaux arrivants, des personnes ayant des déficiences intellectuelles, des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Dans les différentes régions, que ce soit à Rimouski, à Amos ou à Montréal, les activités d’initiation rejoignent aussi des populations souvent très marginalisées : itinérants, toxicomanes, jeunes artistes marginaux et même squeegges.

Provenant de milieux populaires, toutes ces personnes vivent différentes réalités et des situations difficiles sur plusieurs plans. Souvent sans revenus ou à revenus modestes, ou peu scolarisés ou sans emploi, elles se voient très souvent isolées et, nombreuses sont celles qui arrivent avec peu de confiance en elles-mêmes et dans leurs capacités à apprendre à utiliser un ordinateur et Internet. Certains groupes rejoignent aussi des nouveaux arrivants qui doivent affronter plusieurs défis en même temps : intégration, apprentissage du français et recherche d’emploi.

Leurs intérêts et motivations

Puisque les personnes viennent librement, leur motivation est grande. Les motivations sont multiples : curiosité, quête de savoir, recherche d’une information précise ou tout simplement, une passion personnelle. Maintes fois exprimée est la crainte de manquer le bateau et de se voir exclu. Pour plusieurs personnes, c’est une question de fierté et de dignité, elles souhaitent être en mesure de dire à leurs enfants « Je sais comment ça fonctionne ! ». Des mères souhaitent aussi apprendre afin d’être en mesure de comprendre ce que leurs enfants apprennent à l’école. Les intérêts varient ainsi beaucoup : emploi, médicaments, maladies, cours de formation offerts, livres, musique, téléromans, animaux, horticulture, voyages, peinture, etc.

Les personnes âgées trouvent qu’Internet peut être un pont entre leur génération et celle de leur petits-enfants ou un outil de communication avec des personnes qu’elles n’ont pas vu depuis très longtemps. Leur motivation est donc très grande, en témoignent leur ponctualité et leur constance. Certaines personnes âgées manifestent de l’intérêt pour des outils comme le clavardage (chat) ou les forums, sans doute parce qu’ils permettent de communiquer en temps réel.

Ce que les activités d’initiation et de familiarisation leur apportent

Partout, les commentaires sont très positifs. Les participants et participantes en retirent beaucoup de satisfaction personnelle. Pour plusieurs, il s’agit d’un premier contact avec l’ordinateur. Ces activités leur permettent d’apprivoiser l’ordinateur ; elles acquièrent de nouvelles connaissances et sont en mesure d’utiliser Internet, le courrier électronique, le traitement de texte et/ou de réaliser une page Web. Tout cela se déroule dans un climat de confiance, chaleureux, propice à l’échange et où l’on s’adapte au rythme de chacun. Tous et toutes en ressortent avec une confiance accrue. Certains soulignent même que ces nouveaux apprentissages contribuent à réduire le fossé entre les générations. Ces nouvelles connaissances, ces habiletés nouvellement acquises, cette confiance en soi se répercutent de façon très visible pour plusieurs personnes.

Des participants et participantes de Trois-Rivières affirment ressentir un très gros sentiment d’appartenance au monde de l’informatique et de la communication électronique, très présentes de nos j