« Merci à Communautique pour m’avoir initié à Internet et à la navigation. Cela me permet de faciliter ma recherche d’employeurs et pourra être utile même une fois à l’emploi. C’est un outil de plus pour sortir du chômage et de l’exclusion ! »

Un participant au Projet « Inforoute »

Introduction

Communautique est heureux de soumettre un mémoire dans le cadre des consultations de la commission des Affaires sociales sur le projet de loi 112, Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale ainsi que sur la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

À l’instar de plusieurs autres acteurs et organismes, Communautique souhaite manifester son appui certain à l’engagement pris par le gouvernement du Québec de mobiliser la société québécoise dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en privilégiant une approche globale, intégrée et concertée.

Nous croyons que le gouvernement du Québec fait montre de courage en présentant une loi et un énoncé de politique qui, bien que perfectibles, marquent sa reconnaissance d’une volonté populaire qui s’est notamment manifestée par une adhésion large au Collectif pour une loi sur l’élimination de la pauvreté.

Nous sommes heureux que le gouvernement ait inscrit sa volonté de favoriser l’appropriation sociale des technologies au cœur du projet de loi et de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Nous apprécions aussi la reconnaissance du rôle des organismes communautaires et d’économie sociale, puisque nous sommes convaincus qu’ils ont un rôle majeur à jouer compte tenu des enjeux liés à la fracture numérique.

Nous souhaitons que cette loi et la Stratégie de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale s’incarnent rapidement dans un plan d’action structurant à la hauteur des aspirations et des espoirs qu’elles soulèvent.

Communautique, par sa mission et son action, travaille sur cette nouvelle dimension de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, soit l’appropriation sociale et démocratique des technologies de l’information et de la communication. Notre intervention dans le cadre de ce mémoire portera sur cette dimension spécifique.

Nous vous présenterons d’abord Communautique et son travail, puis les enjeux liés à la fracture numérique et aux risques posés à l’exercice de la citoyenneté par l’exclusion technologique. Finalement, nous traiterons de pistes permettant de combler le fossé numérique et de favoriser l’appropriation qui seraient à inscrire dans le plan d’action. Nous soulignerons ainsi le rôle majeur que jouent, à cet égard, les groupes communautaires et les organismes d’économie sociale en réalisant des projets novateurs et majeurs qui ouvrent autant d’avenues de solution et d’inclusion.

« Ces cours sont très importants pour moi, je n’ai pas d’argent pour me payer des cours. C’est merveilleux pour moi et j’enseigne à mon mari qui aime bien ça aussi. »

Une participante du projet « Inforoute »

Présentation de Communautique

En 1995, l’Institut canadien d’éducation aux adultes (ICÉA) et La Puce communautaire, préoccupés par l’écart qui ne cesse de se creuser entre inforiches et infopauvres dans le contexte de l’arrivée des technologies de l’information et de la communication, unissent leurs efforts et leurs expertises pour mettre sur pied le projet Communautique.

En 1997, Communautique commence son action : activités de formation aux quatre coins du Québec, projets pilotes d’accessibilité aux technologies, outillage des groupes par la recherche et l’analyse ainsi que réalisation d’un site Web.

En 1999, Communautique s’incorpore comme organisme à but non lucratif et tient son assemblée générale de fondation.

Communautique est un organisme provincial dont le membership s’élargit sans cesse. Communautique compte une quarantaine de membres dont une trentaine d’organismes situés dans plusieurs régions du Québec.

Notre mission

Mettre les technologies de l’information et de la communication au service des milieux communautaire et populaire ainsi qu’au service des citoyens et citoyennes potentiellement exclus, dans une perspective d’élargissement de la vie démocratique et de la citoyenneté, tout en contribuant au développement d’espaces communautaires sur l’inforoute.

Notre action

L’action de Communautique vise à apporter des réponses aux besoins exprimés par le milieu. Pour y parvenir, Communautique réalise différentes activités : recherche, enquête, formation, soutien, animation du milieu, accès public, réflexion et sensibilisation aux enjeux reliés à l’appropriation et à l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Quelques exemples de nos réalisations

Le développement de l’accès aux technologies se situe au cœur de notre action. Nos différents projets sur ce plan contribuent à initier des expériences concrètes qui illustrent notre approche qui consiste à accroître l’accès aux TIC pour les populations laissées en marge.

Le projet « Inforoute – Points d’accès – Initiation de la population »

Ce projet d’envergure nationale est soutenu depuis trois ans par le Fonds de lutte contre la pauvreté par la réinsertion au travail – national. Il est réalisé en partenariat avec plus de quatre-vingt-dix organismes de neuf régions du Québec.

Objectif :

Agir comme déclencheur de l’appropriation des technologies par les populations démunies en leur permettant de s’initier à l’univers technologique dans une atmosphère conviviale et chaleureuse.

Une formule originale :

Des points d’accès constitués d’au moins un ordinateur sont installés au sein de groupes communautaires. Des équipes d’animateurs et d’animatrices visitent les groupes de leur région ou arrondissement cinq fois par semaine et offrent des ateliers d’initiation aux technologies aux gens qui fréquentent l’organisme ainsi qu’à la population.

Résultats à ce jour :

On compte plus de 30 500 présences aux activités du projet «Inforoute – Points d’accès – Initiation de la population».

Le monde communautaire et Internet : tout un monde d’innovations !

Publié en mai 2002, ce recueil présente trente récits d’expériences innovatrices d’intégration des technologies de l’information et de la communication aux pratiques des groupes communautaires et d’économie sociale.

La Plateforme québécoise de l’Internet citoyen

Ce projet est le résultat d’une démarche amorcée en 2001 à la demande des organismes. Il a été soumis à la discussion à Montréal et à Québec en mai et juin 2002. Il rassemble les principaux enjeux et les conditions à mettre en place pour favoriser le développement d’un Internet citoyen, social ou communautaire au Québec. Ce projet souhaite répondre aux vœux exprimés par le milieu en contribuant à faire reconnaître les efforts déployés partout à travers le Québec pour développer une culture technologique porteuse de valeurs sociales et démocratiques.

Le monde communautaire et Internet : défis, obstacles et espoirs, 1999- 2000

Ce rapport présente les résultats d’une vaste enquête, réalisée en 1999-2000, auprès de plus de 450 organismes communautaires au Québec. Elle visait à évaluer l’informatisation des groupes, l’intégration de la télématique, identifier les conditions à mettre en place pour une appropriation réussie, découvrir les expériences réussies et les obstacles rencontrés, identifier les stratégies d’utilisation et cerner les impacts des TIC sur l’organisation du travail et l’action des groupes.

« J’ai 55 ans. Depuis 2 ans je souffre d’une maladie obstructive pulmonaire chronique et je suis dépendante d’oxygène 24 heures/24 heures. Mes déplacements sont difficiles. Depuis mon abonnement à Internet et le cours reçu au Centre m’ont permis de retrouver une porte de sortie
contre l’isolement causée par ma maladie. Il faut développer plus l’Internet si nous voulons être en mesure d’être capable de fonctionner. »

Une participante au projet « Inforoute »

Remarques générales

Forts de nos résultats et de l’expertise développée, nous considérions important d’intervenir dans le cadre de cette consultation afin de partager notre vision des enjeux relatifs à l’appropriation sociale des technologies de l’information par tous les citoyens et citoyennes du Québec parce qu’ils posent de nouvelles conditions à mettre en place pour favoriser un plein exercice de la citoyenneté.

Améliorer la situation économique et sociale des personnes et des familles qui vivent dans la pauvreté ou qui sont exclues socialement ; réduire les inégalités qui peuvent les affecter ; développer et renforcer le sentiment de solidarité et la cohésion sociale : globalement, nous nous reconnaissons dans ces buts.

Nous sommes particulièrement sensibles aux orientations visant à prévenir la pauvreté et l’exclusion sociale en favorisant le développement du potentiel des personnes, visant à favoriser l’engagement de l’ensemble de la société et visant à assurer, à tous les niveaux, la constance et la cohérence des actions, puisque sont, au cœur de nos préoccupations, les actions identifiées telles l’appropriation des technologies, la reconnaissance et le soutien aux activités communautaires qui contribuent à l’inclusion, la participation citoyenne, le soutien aux initiatives locales et régionales, la responsabilité sociale des entreprises ainsi que le renforcement de la contribution de l’action communautaire.

Toutefois, avant d’apporter notre contribution spécifique à cette consultation, nous voulons indiquer que nous partageons aussi plusieurs des préoccupations formulées par d’autres intervenants et intervenantes.

Ainsi, à l’instar de plusieurs autres acteurs, nous trouvons fondamental le préambule fondé sur les droits et nous pensons aussi que cet aspect mériterait d’être renforcé dans certains articles du texte de loi notamment en ce qui a trait au droit à un revenu décent, au droit au logement et au droit à l’éducation.

Nous partageons aussi la conviction que la lutte à la pauvreté et à l’exclusion relève d’une responsabilité collective. Nous saluons par conséquent la volonté du gouvernement d’agir de façon concertée avec les partenaires socioéconomiques, les collectivités régionales et les organismes communautaires.

Comme plusieurs autres, nous apprécions la jonction entre le développement social et le développement local, la volonté d’accroître l’accès à la formation continue bien que celle-ci ne doive pas être liée uniquement à l’amélioration des compétences professionnelles. Nous remarquons les mesures pour faciliter la reconnaissance des acquis, pour faciliter l’insertion sociale et pour soutenir l’innovation.

Notre action et notre travail nous ont conduits à travailler tant avec des personnes prestataires de l’assistance-emploi, des personnes sans revenus, des personnes retraitées ou des travailleurs et travailleuses à faibles revenus. Dans cette perspective, le concept du cinquième le plus pauvre nous apparaît, comme à plusieurs, davantage englobant.

La mise en place d’un Comité consultatif et d’un Observatoire nous apparaissent des instruments d’importance. Toutefois, nous partageons l’avis voulant qu’il serait avantageux que le Comité consultatif soit doté de siège citoyen ou d’un espace permettant la participation citoyenne. Le soutien à l’innovation par la mise en place d’un fonds spécial constitue aussi un élément majeur pouvant garantir une réponse adaptée aux besoins et aux diverses réalités ainsi qu’un véritable soutien aux initiatives du milieu qu’elles soient locales, régionales ou nationales.

« Je ne savais rien de l’ordinateur. Le projet Communautique m’a apporté une joie et un réveil pour communiquer avec mes enfants et petits-enfants. De plus, sur cela j’en ai deux qui sont mal entendant. (mon fils et ma bru) Par Internet, c’est le bonheur parfait. Va pour le courriel. Maintenant j’ajoute que je fais des