Résumé

La Plateforme québécoise de l’Internet citoyen est née d’une démarche initiée par Communautique visant à encourager l’appropriation des technologies de l’information et de la communication (TIC) par le milieu communautaire. Nous souhaitons maintenant la diffuser le plus largement possible. Nous invitons tous les acteurs concernés à l’appuyer et à la faire connaître afin qu’elle contribue au développement d’un autre Internet, renforçant l’exercice de la citoyenneté par l’inclusion de toutes et tous. Nous souhaitons aussi que cette Plateforme serve de levier à la reconnaissance et au soutien du milieu communautaire, véritable moteur de son développement.

Fondements de la Plateforme

Les TIC occupent désormais une place centrale dans la vie quotidienne des citoyens. Du guichet bancaire à Internet en passant par l’informatisation des milieux de travail, personne ne conteste plus l’immense potentiel des TIC. Mais à l’ère de l’Inforoute gouvernementale, on constate que l’accès aux TIC est inégal et qu’aux clivages sociaux déjà existants vient s’ajouter une fracture sournoise mais réelle, la fracture numérique. Dans le but de contrer cette fracture, le milieu communautaire a voulu se doter d’une Plateforme qui rassemblerait les principaux enjeux et les conditions à mettre en place pour favoriser le développement d’un Internet citoyen, social et communautaire au Québec.

Objectifs de la Plateforme

  • Fournir des solutions pour combler le fossé numérique
  • Favoriser le développement de l’Internet citoyen

Internet citoyen, une définition

L’Internet citoyen signifie un accès universel aux TIC afin de soutenir la participation à la société et renforcer la citoyenneté. Par accès universel nous entendons l’accès aux infrastructures physiques mais aussi et surtout l’accès à l’apprentissage. En quoi la technologie peut-elle nous aider si nous ne savons pas nous en servir ? Des mesures diversifiées doivent être mises en place afin de permettre à l’ensemble de la population ainsi qu’aux personnes moins nanties qui risquent davantage d’être exclues, un accès universel aux TIC

Quelques propositions pour contrer la fracture numérique

  • Soutenir le développement de l’accès dans les organismes communautaires et d’économie sociale
  • Soutenir l’animation des lieux d’accès et l’intégration aux pratiques communautaires ;
  • S’outiller par la formation continue ;
  • Soutenir les transformations organisationnelles ;
  • Soutenir la création de groupes de ressources techniques ;
  • Doter le milieu des équipements nécessaires.

Des propositions pour développer l’Internet citoyen

  • Que l’accès aux TIC soit un droit pour toutes et tous ;
  • Que les politiques et les programmes définissent et soutiennent l’accès de façon globale;
  • Que l’accès à Internet et à son contenu soit considéré comme un service d’utilité publique essentiel aux individus et aux collectivités;
  • Que les politiques et les programmes reconnaissent et encouragent la place et le rôle du milieu communautaire et de l’économie sociale dans la démocratisation de la société de l’information;
  • Que l’on fournisse un financement conséquent et durable des projets et initiatives citoyennes.

Avant-propos

La Plateforme : résultat d’une démarche en plusieurs temps

En mai 2001, Communautique réalisait une série de trois rencontres à Montréal, Québec et Trois-Rivières afin de diffuser et soumettre à la discussion les résultats d’une vaste enquête menée auprès de plus de 450 groupes communautaires à travers le Québec. L’objet de cette enquête : dresser l’état de l’appropriation des technologies de l’information et de la communication par le milieu communautaire.

Ces rencontres ont permis d’échanger sur différentes expériences novatrices d’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) par le milieu communautaire. Elles ont aussi contribué à cerner les difficultés rencontrées, à identifier les enjeux et les défis à relever, à explorer les pistes d’action et les moyens à mettre en place pour soutenir le développement de ces nouvelles pratiques et d’une appropriation sociale plus large des TIC.

L’idée de doter le milieu communautaire d’une plateforme qui rassemblerait les principaux enjeux et les conditions à mettre en place pour favoriser le développement d’un Internet citoyen, social ou communautaire au Québec origine de ces rencontres.

Ces échanges ont guidé Communautique dans la rédaction d’un avant-projet de plateforme et l’ont conduit à initier une démarche de consultation. Un premier avant-projet, adopté par les membres de Communautique lors de son assemblée générale en février 2002, a ensuite été discuté par plus d’une cinquantaine d’organismes issus de différents secteurs et régions, lors de deux rencontres organisées, à Montréal et à Québec, en mai et juin 2002 . Ce texte a été révisé, à chacune de ces étapes, à la lumière des commentaires reçus ; il est aujourd’hui le fruit de l’ensemble de cette démarche.

Un appel à l’appuyer et à le diffuser

Nous souhaitons maintenant le diffuser le plus largement possible. Nous invitons tous les groupes et acteurs concernés par cette question à l’appuyer et à le faire connaître afin qu’il contribue au développement d’un autre Internet, celui-là renforçant l’exercice de la citoyenneté par l’inclusion de tous et toutes. Finalement, nous souhaitons qu’il serve de levier à la reconnaissance et au soutien des acteurs qui sont le moteur de son développement.

Présentation

Quelques éléments de contexte

L’évolution rapide et les impacts majeurs des technologies de l’information et de la communication (TIC) interpellent fortement l’ensemble des acteurs sociaux. Les TIC occupent de plus en plus de place dans la vie quotidienne des citoyens et des citoyennes : Internet bien sûr, mais aussi les guichets bancaires, guichets-emploi, carte-santé, informatisation des milieux de travail, etc., qui en sont autant d’exemples.

D’abord reconnu et promu pour son immense potentiel tant sur les plans commerciaux, économiques qu’éducatifs, d’information ou de communication, Internet a connu un croissance fulgurante qui lui vaut une place centrale quand on parle des TIC. Toutefois, de nombreux acteurs sociaux, bien que conscients de ce potentiel, se sont aussi préoccupés des risques d’exclusion de larges pans de la population et ont effectué un travail de sensibilisation sur cette question. De nombreuses études confirment d’ailleurs aujourd’hui ce développement inégal et l’existence d’une « fracture numérique ».

Sous cette poussée, les risques tout autant que le potentiel sont désormais de plus en plus reconnus par les gouvernements, les institutions publiques, voire même par les entreprises, et ce, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde. Les politiques publiques en traitent et différents programmes visant notamment à favoriser l’accès public sont mis en place pour pallier les risques d’exclusion liés aux TIC, et ce, dans un contexte où les projets de « gouvernements en ligne » sont à l’ordre du jour, où l’implantation de l’inforoute gouvernementale progresse à grands pas, où de nombreuses lois sont révisées pour prendre en compte ces nouvelles réalités.

Un peu partout à travers le monde des organisations et des groupes s’activent aussi pour initier des utilisations des technologies à des fins citoyennes et pour combler le fossé numérique. Au Québec, au cours des dernières années, ont jailli de nombreux projets portés par des organismes communautaires ou d’économie sociale, non seulement pour saisir ce potentiel, mais aussi pour offrir des pistes d’action concrètes et novatrices.

Nos objectifs

Avec la venue au Québec, cet automne, de la IIIe conférence internationale des réseaux citoyens, GlobalCN 2002, cette plateforme québécoise s’inscrit ainsi dans la foulée de ce vaste mouvement qui mobilise la société civile à travers le monde afin que les TIC soient mises à contribution pour bâtir une « société du savoir » démocratique où le développement économique et social seraient conjugués avec la participation, la diversité, la solidarité et l’innovation.

Notre intention : produire un outil rassembleur et mobilisateur qui définira l’Internet citoyen, qui identifiera les enjeux liés à son développement ainsi que les conditions qui sont nécessaires à sa réalisation. Ce projet souhaite aussi répondre aux vœux exprimés par le milieu en contribuant à faire reconnaître les efforts déployés partout à travers le Québec pour développer une culture technologique porteuse de valeurs sociales et démocratiques.

En résumé, ce projet propose des pistes de solution pour combler le fossé numérique, des avenues pour une appropriation sociale et démocratique des TIC, des conditions à mettre en œuvre pour le développement d’un Internet renforçant l’exercice de la citoyenneté par l’inclusion de tous les citoyens et de toutes citoyennes. Finalement, ce projet devrait aussi servir de levier à la reconnaissance et au soutien des acteurs qui sont le moteur de son développement.

Notre vision

L’Internet citoyen

L’Internet citoyen est une expression nouvelle qui ne redéfinit pas la citoyenneté ni ne réfère uniquement à Internet. Elle veut mettre de l’avant, non seulement l’utilisation des technologies de l’information et de la communication à des fins citoyennes, mais surtout l’appropriation de ces outils pour renforcer la citoyenneté. Elle met l’accent sur l’inclusion ; elle se veut pluraliste et porteuse de diversité.

Elle veut offrir une vision plus large que celle davantage axée sur le commerce et traduire le processus d’appropriation démocratique nécessaire afin que les technologies de l’information et de la communication servent à soutenir la participation à la société, la vie démocratique ainsi que l’expression d’une citoyenneté pleine et entière.

Elle lance un appel à l’inclusion afin que tous et toutes puissent bénéficier des retombées des progrès technologiques, avoir une prise sur les transformations sociales qui en découlent et contribuer activement à définir la société de demain.

L’impact des technologies au quotidien

Quotidiennement, nous sommes confrontés à de plus en plus de situations marquées par l’introduction de l’informatique et d’Internet : en tant que parents qui veulent participer à l’éducation de leurs enfants qui, dès leurs premières années à l’école, apprivoisent l’informatique et Internet; en tant qu’employés ou personnes à la recherche d’emploi dans un monde du travail où une connaissance minimale de l’informatique devient la norme dans pratiquement tous les secteurs d’emploi ; en tant que citoyennes ou citoyens constamment référés à des adresses électroniques ou à des sites Web pour obtenir de l’information, accéder à un service ou exprimer une opinion ; en tant que consommateurs confrontés aux guichets automatiques et aux modes de paiement automatisés à l’épicerie ou ailleurs.

Le droit à l’accès

Dans ce contexte, des actions doivent être entreprises à plusieurs niveaux à la fois afin d’accroître l’accès aux TIC et afin de soutenir le développement de l’Internet citoyen. Un des principaux éléments qui définit l’Internet citoyen, qui lui donne tout son sens et qui permet de saisir cet enjeu de société réside dans notre vision de l’accès.

Nous croyons que l’accès doit être abordé de façon large. Nous croyons que le droit à l’accès doit être posé en tant que droit fondamental dans la foulée des droits humains tels le droit à la communication, le droit à l’éducation ou le droit pour tous et toutes de bénéficier des retombées du progrès technologique, etc. L’accès doit être inscrit dans cette perspective.

À prime abord, la notion d’accès réfère à une infrastructure : points et lieux d’accès individuels, collectifs et publics ; équipements et logiciels. S’y ajoutent rapidement les habiletés et compétences techniques de base à acquérir par les utilisateurs et les utilisatrices. Une telle définition de l’accès doit être vue comme nécessaire mais non suffisante.

Doivent aussi être prises en compte les nombreuses barrières d’ordre économique, géographique, social, éducationnel, linguistique, physique, culturel, générationnel, de genre, qui empêchent les citoyens et les citoyennes soit d’accéder, soit de contribuer au contenu véhiculé ou soit à son usage approprié.

Notre vision de l’accès combine, non seulement connectivité technique, f