À propos de l’étude de besoins

La réalisation de cette étude de besoins a été rendue possible grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications et du ministère de l’Éducation du Québec.

Nous désirons remercier Télé-Québec et tout particulièrement, Gérald Bourbeau et Pierre Jacob du Service de la recherche et de la planification, pour leur contribution essentielle à toutes les étapes de cette étude de besoins. Internet Montréal a également contribué au projet en offrant gracieusement l’accès à Internet pour les ateliers de familiarisation et en collaborant à l’installation de la connexion.

Nous remercions chaleureusement tous les organismes qui ont participé à cette étude et qui ont contribué à diffuser le questionnaire.

L’équipe de l’étude de besoins

  • Gérald Bourbeau, Télé-Québec
  • Roger Charbonneau, Puce communautaire
  • Pierre Jacob, Télé-Québec
  • Francine Pelletier, ICEA
  • Louise St-Jacques, Puce communautaire
  • Lina Trudel, ICEA

Traitement des données : Pierre Jacob et Roger Charbonneau
Saisie des données : Diane Poupart
Coordination : Francine Pelletier, Lina Trudel, Louise St-Jacques
Analyse, rédaction du rapport et mise en page : Francine Pelletier
Animation des journées de familiarisation et de réflexion : Roger Charbonneau et Gérald Bourbeau

Institut d’éducation des adultes
5225, rue Berri, bureau 300
Montréal, Québec, H2J 2S4

La Puce communautaire
2379, rue Jeanne d’Arc
Montréal, Québec, H1W 1V8

Dépôt légal : Mars 1997
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISBN 2-89108-028-9

Tous les droits d’adaptation, de traduction et de reproduction sont réservés pour tous les pays.

© Institut canadien d’éducation des adultes

 

Introduction

Le mouvement communautaire québécois est vaste et diversifié. Le Québec compte plusieurs milliers d’organismes communautaires dispersés sur l’ensemble de son territoire. Les organismes ont, depuis fort longtemps, ressenti le besoin de communiquer, d’échanger et de diffuser des informations sous diverses formes: rencontres, journal, bulletin, banderolles, affiches, dépliants, télécopieur, babillard électronique, etc. Freiné dans son expression et face au silence des médias traditionnels à son égard, le milieu communautaire a développé, au fil des ans, des moyens de communication et d’information «alternatifs»: journaux, radios ou télévisions communautaires.

La notion de réseau (d’interactions, de concertation, d’information ou de communication) est déjà éminemment présente dans ce milieu. Les groupes de base ont, par exemple, de multiples affiliations: ils peuvent être à la fois membres d’un regroupement provincial sectoriel (jeunes, femmes, alphabétisation, coopération internationale, employabilité, etc.), d’une table de concertation de quartier, d’un regroupement intersectoriel régional, d’un regroupement intersectoriel provin-cial, ou de coalitions, etc.

Les interactions entre les différents réseaux naturels de communication empruntent diverses voies et rayonnent dans toutes les directions. Les groupes de base et les regroupements interagissent ainsi sur de multiples plans et sur de multiples terrains, tissant une véritable toile multidimensionnelle où chaque groupe constitue les différents «noeuds» de ce vaste réseau. Il est donc apparu tout naturel d’emprunter la voie électronique pour les relier, d’autant plus que la télématique nous en fournit aujourd’hui les moyens et qu’elle permet d’échapper aux limites de la distance.

En effet, force est de constater que les inforoutes recèlent un potentiel immense. Par leur caractère interactif, elles se révèlent être un outil qui permettrait de combler des besoins de communication, d’éducation, de concertation, de diffusion et d’échange d’informations entre les individus et les organismes communautaires. Cependant, dans la nouvelle société de l’information, les risques sont grands de voir ce potentiel servir à des fins essentiellement mercantiles et économiques, ce qui n’aurait pour effet que d’accentuer la déchirure du tissu social et les risques d’exclusion. C’est pourquoi, il est nécessaire d’agir pour que les retombées du progrès technologique profitent à l’ensemble de la collectivité. À cet égard, les organismes communautaires ont un rôle essentiel à jouer pour favoriser une plus grande appropriation sociale de ces nouvelles technologies. Le projet «Communautique» s’inscrit dans cette perspective.

Une première étape dans la réalisation d’un projet d’une telle envergure consistait à mener une étude de besoins visant à répondre aux questions suivantes: les organismes sont-ils prêts à investir les inforoutes? Disposent-ils des équipements nécessaires? Quels obstacles et limites devront-ils surmonter? Quels acquis ont-ils tiré du processus d’informatisation? Comment veulent-ils s’approprier ces nouveaux outils et à quelles fins? À quoi ressembleraient les espaces ou les réseaux communautaires souhaités et quels services devraient-ils offrir?

Pour obtenir les réponses à ces questions, nous avons privilégié deux moyens: un questionnaire distribué aux groupes et la tenue de trois journées de familiarisation et de réflexion.

Ce rapport présente donc une synthèse des résultats de cette étude suivant trois axes principaux: les enjeux identifiés, les conditions à réunir pour s’approprier ces technologies et, finalement, le potentiel, les pistes d’action et les stratégies à envisager. Il trace un portrait de l’état de l’informatisation et de l’intérêt pour les nouvelles technologies manifesté par les groupes communautaires oeuvrant auprès des femmes, des jeunes, en développement local ou régional, en insertion sociale et professionnelle, en éducation et alphabétisation populaires, en défense des droits, en coopération internationale.

Nous espérons que les résultats de cette étude, unique en son genre, sauront contribuer à stimuler l’action des différents intervenants afin que les organismes communautaires et les populations potentiellement exclus des inforoutes puissent se les approprier véritablement. Nous souhaitons que les organismes se saisissent de ce rapport, investissent les inforoutes, créent des espaces qui leur ressemblent et s’approprient ces outils que sont les réseaux électroniques. Développer des usages sociaux et démocratiques axés sur le partage et la solidarité: tel est le défi à relever.

 

 

1. Communautique

Le projet vise à rassembler, dans une communauté «réseautique», les organismes communautaires oeuvrant dans les domaines de l’éducation et de la formation continue, dans une perspective de développement de la vie démocratique et de l’économie sociale, tant dans les centres urbains qu’en région.

Le terme « Communautique » provient de l’amalgame des mots: communauté, communautaire, communication, informatique, télématique, réseautique. Il se veut le reflet d’une intention: créer un espace d’appropriation sociale et démocratique des nouvelles technologies, un lieu d’échange et de communication, une agora pour les groupes communautaires et populaires, de même que pour les citoyens dans les nouveaux espaces virtuels que sont les réseaux télématiques.

Mission

« Communautique » propose de :

Créer un espace télématique communautaire francophone où les organisations de citoyens, les organismes communautaires et populaires, de même que les citoyennes et citoyens, pourront se rencontrer, communiquer, échanger, s’informer, se former et s’approprier les nouvelle technologies de l’information et des communications (NTIC) en les expérimentant. Soutenir et animer la communauté dans son appropriation des NTIC par l’éducation, la formation, la sensibilisation, le soutien technique et l’utilisation d’interfaces conviviales.

Participer au développement d’une culture technologiqueporteuse de valeurs sociales démocratiques et communautaires, et permettre aux utilisatrices et aux utilisateurs de s’investir dans des voies créatrices de liens sociaux transformés.

Participer à la création d’un vaste réseau de communication et d’échange permettant de relier les communautés et les régions.

Contrer le processus de dualisation et d’exclusion sociale et technologique.

Objectifs

Par le développement de services de soutien, de formation et d’animation à la télématique, ainsi que par l’élaboration de contenus francophones axés sur l’éducation de même que le développement communautaire local et régional, nous voulons:

  • favoriser l’accès à la télématique, faciliter la communication et la collaboration entre des organisations de la société civile, et multiplier les sources d’information accessibles à ces associations et aux citoyennes et citoyens moins bien nantis ou potentiellement exclus des inforoutes;
  • promouvoir le développement et la circulation de contenus québécois et francophones sur les réseaux électroniques;
  • créer des liens et des groupes de discussion avec des réseaux communautaires canadiens et internationaux, particulièrement avec les réseaux francophones qui partagent les mêmes intérêts;
  • favoriser les relations entre les citoyens, les institutions publiques et les organisations de la société civile en offrant un éventail d’activités de support, d’animation, de formation et d’appropriation qui :
    • soutiendront les organismes dans leur expérimentation des nouvelles technologies en les assistant autant sur les plans techniques, logistiques que pédagogiques;
    • animeront la communauté dans le but de stimuler l’utilisation des NTIC, la production et la mise en circulation de contenus, de même que le partage des informations, des réalisations et des productions des organisations de la société civile.

 

2. Objectifs et déroulement de l’étude de besoins

Nous souhaitions que la démarche suivie pour mener l’étude de besoins reflète la démarche même d’appropriation du projet Communautique. Cette étude, visait non seulement à recueillir des données, mais également à permettre à ceux et celles qui y participeraient d’apprendre, de s’initier aux utilisations possibles des réseaux électroniques et d’amorcer une démarche d’appropriation, soit en répondant au questionnaire, soit en participant aux journées de familiarisation et de réflexion.

Objectifs

De façon plus spécifique, l’étude visait à dresser un portrait des équipements, des divers types d’utilisations ainsi que celui des utilisateurs de l’informatique; à identifier les conditions nécessaires à l’appropriation de l’informatique et de la télématique; à connaître les utilisations actuelles ou souhaitées des réseaux télématiques.

Un questionnaire distribué à plus de 600 organismes

Le processus d’enquête s’est déroulé de mai à septembre. Plus de 600 questionnaires ont été distribués à travers différents réseaux: groupes de femmes, de jeunes, de défense des droits, d’employabilité, d’alphabétisation et d’éducation populaires, de formation en milieu populaire, de coopération internationale, de développement local ou des collectivités, etc.

Nous voulions, non seulement dresser le portrait des réseaux de communication et du parc informatique, mais aussi connaître les perceptions et les attitudes des utilisateurs face à l’informatique: il s’agissait de dresser le bilan de leurs expériences des phases antérieures d’informatisation.

Postulant que les organismes avaient eu, à ce jour, peu de contact avec les réseaux télématiques, nous leur avons présenté des scénarios possibles d’utilisation et demandé qu’ils se prononcent à leur sujet. Ces scénarios ont aussi permis de structurer les ateliers de familiarisation.

Trois journées de familiarisation et de réflexion

Trois journées de familiarisation et de réflexion ont été organisées et se sont tenues au mois de juin dernier. Trente-deux organismes et regroupements y ont participé. Près de la moitié des participants et participantes à ces journées avait déjà expérimenté la télématique. Un quatrième atelier de familiarisation a été offert, en octobre, pour répondre à la demande.

La majorité des organismes présents lors de ces journées provenaient de la région de Montréal; des groupes venant des régions des Bois-Francs, de la Mauricie, de Brome-Mississiquoi et de Québec y ont également participé. Les organismes étaient issus de différents secteurs d’intervention: culture, développement local, concertation locale, intégration sociale et professionnelle, intervenant auprès des jeunes travailleurs, ou dans les domaines de la défense des droits, de l’éducation et de l’alphabétisation populaires, de la coopération internationale,