Le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) sera un sommet de grande envergure sous l’égide des Nations Unies. Il rassemblera des représentants des niveaux les plus élevés des gouvernements, du secteur privé et de la société civile. Cette réunion se déroulera en deux phases. La première aura lieu à Genève, en Suisse, du 10 au 12 décembre 2003. La seconde aura lieu à Tunis, en Tunisie, du 16 au 18 novembre 2005. En décembre 2001, l’Assemblée génerale des Nations Unies a adopté la résolution 56/183 dans laquelle elle affirme son soutien au Sommet. Cette réunion se déroulera sous le haut patronage du secrétaire géneral des Nations Unies Kofi Annan. L’Union internationale des télécommunications (UIT) est chargée de diriger les préparatifs du Sommet.

Dans le cadre de ce sommet, le gouvernement du Canada a consulté les Canadiens et Canadiennes sur comment, selon-eux, le Canada peut contribuer à la société de l’information mondiale. Communautique a répondu à l’appel du Canada et vous présente sa contribution.

1. Quelles sont, à votre avis, les pratiques exemplaires adoptées par le gouvernement du Canada dans le domaine des TIC?

En terme de pratiques signfiantes et porteuses, nous sommes d’avis que la vaste initiative « Un Canada branché », incluant les projets Volnet, PAC etc., fait du Canada l’un des pays les plus préoccupés par l’accès universel aux technologies de l’information et de la communication.

2. La création d’une société de l’information repose sur des partenariats à tous les niveaux. D’après votre expérience, quels sont les mécanismes qui fonctionnent le mieux pour la formation de ces partenariats? Quels éléments faut-il améliorer entre le gouvernement du Canada et les organisations intergouvernementales ainsi qu’entre le secteur privé et la société civile au niveau local, national ou international?

La création d’une société de l’information repose premièrement sur des citoyens et des citoyennes informés ou du moins, ayant les outils nécessaires pour accéder à l’information. Le Québec compte plusieurs milliers d’organismes communautaires et d’économie sociale implantés dans tous les régions. Acteurs dynamiques et reconnus du développement économique et social au Québec, les groupes sont présents dans toutes les localités du Québec, ils travaillent avec les personnes démunies, ils s’adaptent à leurs besoins, ils connaissent bien la réalité et les besoins des populations qu’ils desservent, ils possèdent une expertise unique et ils sont au cœur de l’innovation sociale. Les organismes communautaires et d’économie sociale se trouvent ainsi en première ligne pour mesurer la globalité des impacts et saisir les enjeux relatifs aux technologies pour les personnes avec lesquelles ils travaillent.

Nous croyons que les organismes communautaires sont des acteurs, des partenaires de première importance puisqu’ils sont en contact direct avec la population et connaissent bien leurs attentes et leurs besoins. Le gouvernement doit considérer le milieu communautaire comme partie prenante du processus d’appropriation sociale des technologies de l’information et de la communication par les citoyennes et citoyens canadiens.

De plus, le gouvernement doit tenir compte des besoins réels du milieu avant de mettre un projet sur pied. Nous constatons aussi que trop souvent, les subventions octroyées sont réservées à l’achat d’équipement alors que les besoins en ressources humaines sont criants. Les besoins en formation sont rarement pris en considération. Le programme « Brancher les familles » a été mis en place pour stimuler le branchement à Internet et l’achat d’ordinateurs par 200 000 des 600 000 ménages bénéficiant des allocations familiales au Québec. Bien que ce programme ait contribué à la progression du branchement à Internet au Québec, force est de constater, comme en ont témoigné les médias, que les personnes et les ménages les plus défavorisés pouvaient difficilement, dans la grande majorité des cas, consacrer les sommes requises à l’achat d’un ordinateur et au branchement à Internet. Par ailleurs, nous pensons que des mesures d’animation et d’initiation aux technologies s’appuyant sur les organismes du milieu auraient dû l’accompagner, car l’accès à l’infrastructure physique, bien que nécessaire, nous apparaît insuffisant.

Le gouvernement devrait aussi revoir l’obligation, pour les organismes, de rendre un projet rentable financièrement. Un programme qui s’adresse à une population marginale, par exemple, peut être très rentable socialement mais ne pas pouvoir s’autofinancer. Nous sommes conscients que de tels investissements coûtent chers mais à long terme, la population canadienne s’enrichit.

3. Veuillez nous faire part de vos expériences, de vos initiatives ou de vos pratiques exemplaires touchant l’utilisation des TIC pour promouvoir la croissance économique et le développement social au niveau local, national ou international.

Communautique est un organisme à but non lucratif ayant pour mission de mettre les technologies de l’information et de la communication au service des milieux communautaire et populaire ainsi qu’au service des citoyens et citoyennes potentiellement excluEs, dans une perspective d’élargissement de la vie démocratique et de la citoyenneté, tout en contribuant au développement d’espaces communautaires sur l’inforoute.

Les objectifs poursuivis par notre organisme sont les suivants : Accroître l’accès aux technologies de l’information et de la communication , favoriser la prise en charge et l’autonomie des groupes communautaires, du milieu et des citoyennes-citoyens, développer une culture télématique démocratique, contribuer au développement de l’inforoute et des espaces télématiques communautaires et contrer l’exclusion sociale liée aux technologies de l’information et des communications.

Déjà, COMMUNAUTIQUE compte à son actif un nombre impressionnant de réalisations en matière de développement et d’appropriation des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Quelques exemples : en 2002, le Regroupement Communautés branchées coordonné par COMMUNAUTIQUE aura équipé, branché et formé près de 600 OBNL au Québec dans le cadre du programme VolNet d’Industrie Canada; le projet Inforoute-points d’accès-initiation de la population financé par le Fonds de lutte contre la pauvreté par la réinsertion au travail a permis la mise sur pied de 96 points d’accès dans des groupes communautaires des régions de Trois-Rivières, Québec, Rimouski, Gatineau, Sherbrooke, Longueuil, Amos, Ville Saguenay et de quatre arrondissements de Montréal.

COMMUNAUTIQUE a également formé 200 formatrices et formateurs à l’utilisation des TIC. De plus, COMMUNAUTIQUE a réalisé en 1999-2000, une vaste enquête sur l’état de l’appropriation des nouvelles technologies à laquelle ont répondu plus de 450 groupes communautaires à travers le Québec : Le monde communautaire et Internet : défis, obstacles et espoirs.

Autres réalisations :

Inforoute Point d’accès – Initiation de la population

Communautique pilote de nombreux projets dont « Inforoute Point d’accès – Initiation de la population ». Par ce projet, Communautique permet aux groupes communautaires, aux intervenants et intervenantes ainsi qu’aux citoyennes et citoyens des milieux défavorisés de participer à un vaste «chantier» d’initiation-sensibilisation-familiarisation aux nouvelles technologies et d’implantation de points d’accès au sein de lieux et de groupes que les citoyens et citoyennes fréquentent déjà de façon quotidienne. Depuis les débuts du projet en 2000, plus de 40 000 ateliers d’initiation aux nouvelles technologies, notamment l’Internet, ont permis à des milliers de citoyennes et citoyens du Québec d’apprivoiser les TIC et ainsi gagner un peu plus en autonomie dans la société de l’information. Près d’une centaine de personnes ont quant à elles obtenu une première expérience de travail dans le domaine des technologies pour avoir participé au projet en tant qu’animatrices et animateurs de Point d’accès.

Programme d’accès communautaire (PAC)

Le Programme d’accès communautaire (PAC), administré par Industrie Canada, a été conçu par le gouvernement fédéral pour fournir aux Canadiens un accès public à Internet à un prix abordable, et pour leur enseigner comment l’utiliser efficacement. De concert avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les groupes communautaires, les organismes sociaux, les bibliothèques, les écoles, les groupes de bénévoles et les milieux d’affaires, le PAC aide les Canadiens à tirer parti des débouchés qu’offre la nouvelle économie mondiale du savoir. En vertu du PAC, les lieux publics comme les écoles, les bibliothèques et les centres communautaires servent de « rampes d’accès » à l’autoroute de l’information et fournissent un soutien technique ainsi que de la formation.

La constitution d’un réseau de Centres d’accès communautaires à Internet (CACI) permet de réunir plusieurs conditions favorables au développement et au maintien des centres puisque le regroupement des intervenants et des intervenantes en un réseau d’apprentissage permet l’échange des expériences, des réussites et des solutions apportées aux difficultés rencontrées. Cela permet également, surtout, la mise en commun de ressources humaines et matérielles pour assurer la prestation hebdomadaire d’activités de formation/ initiation/ familiarisation au sein de chaque centre et des activités d’accès libre ou accompagné par des bénévoles ou le personnel de l’organisme mais permet aussi le partage de ressources techniques, la constitution d’outils communs, le développement et la diffusion de contenus locaux ; etc.

De plus, le réseau participe au développement de nouvelles pratiques des groupes communautaires face aux technologies de l’information (TIC). Sur ce plan, il constitue un lieu d’innovation et il contribue à initier de nouvelles stratégies d’utilisation des potentialités d’Internet. Ce travail collectif en réseau soutiendra aussi l’intégration d’Internet à la culture organisationnelle des organismes.

Ce projet s’inscrit en continuité avec la mission de Communautique qui vise à s’assurer que le développement de l’autoroute de l’information, des nouvelles technologies et le déploiement des services gouvernementaux via Internet ne deviennent pas des facteurs additionnels de marginalisation sociale. Communautique propose donc de s’appuyer sur l’expérience des groupes communautaires, et de ses intervenants et intervenantes pour offrir aux citoyennes et citoyens des milieux défavorisés les moyens de :

  • S’approprier les nouvelles technologies et intégrer ces nouveaux réseaux ;
  • Accéder aux informations et de mieux communiquer ;
  • S’initier et se familiariser à l’utilisation des nouvelles technologies afin d’acquérir de nouvelles habiletés et compétences.

Nous pensons que l’implantation de centres d’accès situés près des populations, au sein de lieux que les citoyens et citoyennes fréquentent déjà quotidiennement peut contribuer à combler le «fossé numérique» qui risque de se creuser entre les inforiches et les infopauvres.

Communautique met à contribution toute son expertise et toute l’expérience accumulée au cours des dernières années dans divers projets, dont le projet Inforoute – Points d