Remix biens communs et l’École des Communs

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Remix biens communs et l’École des Communs2017-03-06T21:28:55+00:00

Project Description

Remix biens communs est un projet multimédia collaboratif et évolutif. Il vise à documenter et illustrer les idées et pratiques entourant la question des biens communs tout en l’explicitant directement par le processus de création.

Contexte

Remix biens communs est un projet d’oeuvres multimédia collaboratives et évolutives. Il permettra de documenter et d’illustrer les idées et pratiques entourant la question des biens communs tout en l’explicitant directement par le processus de création. Le projet consiste à collecter, réaliser et mettre en partage des objets numériques, vidéos essentiellement, qui traitent des biens communs, et permettre leur réutilisation, à la manière de sampling, pour en produire de nouveaux.

Le projet est fondamentalement itératif, c’est-à-dire qu’il cumulera des étapes simples pour créer un processus complexe. Le site de travail du projet Remix The Commons détaille le processus à l’oeuvre. Ce projet contribue globalement au renforcement d’un mouvement des biens communs et à l’appropriation du paradigme et des pratiques qui lui sont associées.

Objectifs

Le champ et les pratiques des biens communs sont en définition

La définition communément admise des biens communs associe trois dimensions: la substance du bien qu’il faut souvent préserver d’un accaparement, les règles qui en permettent le partage, et enfin, l’organisation collective et démocratique qui les gouverne. Une part de la complexité de cette notion vient de cette imbrication. Une autre est liée à la diversité et l’ampleur des domaines concernés et des contextes socioculturels dans lesquels ils se manifestent.

Dans bien des domaines, l’expérience des biens communs est foisonnante, diversifiée et d’une grande richesse. Elle s’est renouvelée avec l’émergence des biens communs immatériels. Autour des savoirs et des cultures, il y a les réseaux d’échanges de savoirs, les mouvements de défense des savoirs ancestraux qui luttent contre la biopiraterie, la mobilisation des scientifiques, qui se sont retrouvées au Forum mondial sciences et démocratie en 2009 au Brésil et en 2011 au Sénégal, les éducateurs, les
bibliothécaires qui sont mobilisés pour permettre la circulation des connaissances, les mouvements pour la culture libre, Creatives Commons ou encore Wikipédia sont des projets emblématiques et populaires.

Autour de la question production/consommation, les mouvements paysans luttent pour l’accès à la terre et la circulation des semences et contre les OGM. Les AMAP, le mouvement coopératif dans sa grande diversité et les mouvements pour la sobriété et la décroissance qui considèrent les monnaies comme biens communs contribuent à la recherche d’indicateurs de développement alternatifs. Autour des ressources naturelles, ce sont la lutte pour le droit universel à une eau potable et salubre et celle pour la préservation du vivant, notamment les ressources marines et la biodiversité, qui agissent en ce sens.

Dans le domaine des techniques et de l’innovation, le mouvement du logiciel libre est l’un de ceux qui ont fait resurgir la question des biens communs dans la société. Il est rejoint sur ce terrain par tous ceux qui défendent l’innovation ouverte et plus généralement, le renouvellement des formes de partage de la propriété intellectuelle (Licence globale, licences de plein droit – license of right, Eco-Patent Commons, patent pools, etc.). Enfin, on peut prendre en exemple la gouvernance de l’internet et la défense de sa neutralité, comme illustration de la construction d’un bien commun à l’échelle du monde.

Une telle liste pourrait encore s’allonger, mais elle illustre largement, à la fois l’importance de l’expérience des acteurs sociaux, et à quel point la notion de biens communs joue un rôle clef dans les alternatives qu’ils portent. Les biens communs comme nouveau paradigme de développement sont maintenant une question à l’ordre du jour et les conférences récentes de Berlin en novembre 2010 et Hyderabad en janvier 2011 ont tenté d’en cerner les différentes dimensions tant aux plans social, culturel et économique.

Les enjeux d’une élaboration collective de la définition des biens communs

Face aux crises que traversent nos sociétés, la lutte contre l’accaparement des biens communs, l’invention de nouvelles formes de partage et de coopération ainsi que l’appropriation par le plus grand nombre de cette notion, dont on sait qu’elle est bien plus complexe que le simple abandon de la propriété privée, jouent un rôle essentiel. Par appropriation des biens communs, il nous faut entendre, l’usage, l’expérience personnelle et collective des communs et la politisation de cette expérience. La réflexion conduite par les chercheurs en sciences sociales, couronnée par le prix Nobel attribué à Elinor Ostrom en 2009, est une source de ce mouvement et s’en nourrit.

L’appropriation de l’idée des biens communs est aujourd’hui un facteur de renouvellement de l’imaginaire des acteurs sociaux et de leurs mouvements et d’émancipation. Cette dynamique puise sa force d’une part dans la dimension pratique des biens communs, qui permet à chacun de s’attacher à résoudre un besoin souvent très concret, et d’autre part, dans les liens qui se tissent entre des acteurs venus d’horizons différents animés par des valeurs communes de partage et de préservation des ressources pour les générations à venir, ainsi que de la participation démocratique à la gestion des biens communs.

Ce mouvement fait face au défi d’élargir et d’approfondir la connaissance des régimes de production, c’est à dire des systèmes qui régissent la transaction entre producteurs et utilisateurs. Les licences Creative Commons sont parmi les plus populaires aujourd’hui avec leur dispositif de formalisation de la transaction entre l’auteur et l’utilisateur, simple et facile à utiliser. Ces licences sont un moyen de lutter contre la privatisation des créations de l’esprit. Elles permettent de défendre des valeurs de solidarité en se basant sur des règles de droit. D’autres systèmes existent, marchands on non, concernant des biens matériels ou immatériels. Pensons aux AMAP, aux réseaux d’échanges de savoirs, aux monnaies locales, par exemple. Ces licences, contrats et systèmes d’échange, traduisent, dans des dispositifs pratiques, les principes que leurs fondateurs cherchent à défendre. Leur banalisation est un signe de l’appropriation des biens communs. Des inventaires de ces pratiques, à la fois mémoires et ressources de l’expérience des groupes sociaux, complémentaires de la connaissance théorique, permettant de décrypter pour chaque régime de production, ses avantages et ses limites, seraient un facteur de renforcement de la puissance d’agir des citoyens. Le projet Remix biens communs contribue à cette mission.

La vidéo comme outil de transformation sociale

Dès son apparition au début des années 70 le médium de vidéo « légère » a fait l’objet d’une appropriation sociale de la part des communautés locales et des groupes d’activistes. Dans des contextes socioculturels et politiques très variés tant dans les pays « riches en information » que dans les régions les plus reculées du monde, ces groupes ont développé des techniques participatives de l’usage de la nouvelle technologie du moment et ont fait de la vidéo un outil d’animation sociale et de création collective. Ce détournement de l’usage du médium vidéo insistait plus sur le « processus » de production participative qui contribuait autant à former des animateurs, à valoriser et à promouvoir les actions et les mobilisations locales, à dialoguer avec des groupes similaires, à faire des représentations auprès des autorités, et à éventuellement, mais secondairement, produire des documentaires diffusés dans des réseaux alternatifs ou publics.

Aujourd’hui, grâce au développement rapide de l’interaction sociale que permet le web, combiné à la miniaturisation et une accessibilité quasi universelle des équipements qui permettent aux « amateurs » de réaliser des vidéos, ce médium prend une place centrale dans les applications développées sur le web.

La vidéo sur le web ouvre de nouvelles possibilités d’apprentissage fascinantes. Dans tous les secteurs d’activités, on trouve de plus en plus de vidéos amateurs exemplifiant des pratiques ou des méthodes. Pensons seulement à ces milliers de danseurs amateurs qui apprennent de nouveaux mouvements de danse en écoutant des vidéos et qui échangent à leur tour une captation de leur performance par l’entremise de sites comme Youtube. Cette communauté mondiale d’apprenants développe des mouvements de danse qui transcendent les conventions des milieux formels d’apprentissages. Ce phénomène amène Chris Anderson, le créateur des conférences TED, à voir la vidéo comme un véritable catalyseur d’innovation sociale.

Des milieux professionnels utilisent également la vidéo comme outil de partage. Des scientifiques utilisent JOVE pour partager les résultats de leurs expériences de façon visuelle.

Remix biens communs, les premiers pas

Le projet Remix biens communs s’inscrit dans la dynamique de réflexion et mobilisation sur le thème des biens communs qui traverse la société dans son ensemble. Les premières captations vidéo ont été initiées à Belem lors du 1er Forum Mondial Sciences et Démocratie en janvier 2009, puis en suivant le calendrier des rencontres de Berlin (novembre 2010) et Dakar (février 2011). Elles ont permis de rassembler près de 50 interviews et de réaliser les premiers Remix et produire des documentaires 1.

Initié par des organisations francophones, Communautique (Montréal) en partenariat avec Vecam (Paris), le projet n’en est pas moins international, interculturel et multilingue. Le Citilab de Barcelone s’est engagé dans ce projet en contribuant à la captation vidéo lors du FSM à Dakar. D’autres organisations, et notamment des pays du Sud, comme par exemple le réseau AIPSN en Inde, souhaitent y prendre une part active.

La première phase du projet s’appuie sur l’ensemble des contenus vidéos captés lors de ces rencontres pour constituer un premier fond mis en ligne (remixthecommons.org) et ainsi mobiliser les partenaires intéressés dans un esprit d’ouverture, de partage et d’itérativité qui le caractérise. Depuis sa première présentation à Berlin en novembre 2010, le projet a ainsi été partagé à différentes reprises à l’occasion de rencontres de praticiens des biens communs (Dakar 2011), mais aussi de développeurs (Drumbeat Mozilla de Barcelone, octobre 2010), et différents experts et activistes de l’open source et de la culture du libre. Le caractère innovant et la pertinence du projet sont salués par de nombreux activistes du mouvement des Biens communs tels que David Bollier, Silke Hilfrich, Michel Bauwens, Michel Briand, Philippe Aigrain, pour n’en citer que quelques-uns, ainsi que des engagements à une collaboration pour sa mise en oeuvre. Les comptes rendus de la conférence de Berlin y font largement référence (http://minilien.fr/a0krdy et http://minilien.fr/a0krdz). On peut donc dire que le projet contribue d’ores et déjà au renforcement d’un mouvement des biens communs et à l’appropriation du paradigme et des pratiques qui lui sont associés.

1 Communautique a co-produit avec Vecam et C&F Éditions leDocu-Livre Sciences et Démocratie et, plus récemment, une série de14 vidéos sur la Conférence de Berlin.

En savoir plus

Partenaires

vecam couleur texteFR 300x80 - Remix biens communs et l'École des Communs1 Forum des alternatives Maroc « FMAS » - Remix biens communs et l'École des Communs2 Kër THIOSSANE - Remix biens communs et l'École des Communs

Actualités

octobre 2013

100 en 1 jour Montréal

8 octobre, 2013|Categories: Remix Biens Communs, Territoires numériques|

Le 5 octobre 2013, la ville de Montréal était le théâtre du festival de la citoyenneté 100 en 1 jour Montréal. Partenaire de l'événement, Communautique a notamment déployé une équipe de quatre vidéastes qui ont documenté quelques-unes des interventions qui étaient au programme.

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30 juillet, 2011|Categories: Économie, Remix Biens Communs|

Du 6 au 8 juillet 2011, Communautique participait à l'événement Lift France 11 qui a réuni près de 600 personnes de tous horizons géographiques et professionnels dans le décor du Palais du Pharo de Marseille.

février 2011

Remix biens communs au FSM

3 février, 2011|Categories: Remix Biens Communs|

Dans le cadre du Forum Social Mondial (FSM) se tenait à Dakar les 4 et 5 février le 2ème Forum Mondial Sciences et Démocratie. Communautique y a co-animé avec son partenaire VECAM (France) un atelier sur les Biens Communs.

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