Description du projet

Remix biens communs est un projet multimédia collaboratif et évolutif. Il vise à documenter et illustrer les idées et pratiques entourant la question des biens communs tout en l’explicitant directement par le processus de création.

Contexte

Remix biens communs est un projet d’oeuvres multimédia collaboratives et évolutives. Il permettra de documenter et d’illustrer les idées et pratiques entourant la question des biens communs tout en l’explicitant directement par le processus de création. Le projet consiste à collecter, réaliser et mettre en partage des objets numériques, vidéos essentiellement, qui traitent des biens communs, et permettre leur réutilisation, à la manière de sampling, pour en produire de nouveaux.

Le projet est fondamentalement itératif, c’est-à-dire qu’il cumulera des étapes simples pour créer un processus complexe. Le site de travail du projet Remix The Commons détaille le processus à l’oeuvre. Ce projet contribue globalement au renforcement d’un mouvement des biens communs et à l’appropriation du paradigme et des pratiques qui lui sont associées.

Objectifs

Le champ et les pratiques des biens communs sont en définition

La définition communément admise des biens communs associe trois dimensions: la substance du bien qu’il faut souvent préserver d’un accaparement, les règles qui en permettent le partage, et enfin, l’organisation collective et démocratique qui les gouverne. Une part de la complexité de cette notion vient de cette imbrication. Une autre est liée à la diversité et l’ampleur des domaines concernés et des contextes socioculturels dans lesquels ils se manifestent.

Dans bien des domaines, l’expérience des biens communs est foisonnante, diversifiée et d’une grande richesse. Elle s’est renouvelée avec l’émergence des biens communs immatériels. Autour des savoirs et des cultures, il y a les réseaux d’échanges de savoirs, les mouvements de défense des savoirs ancestraux qui luttent contre la biopiraterie, la mobilisation des scientifiques, qui se sont retrouvées au Forum mondial sciences et démocratie en 2009 au Brésil et en 2011 au Sénégal, les éducateurs, les
bibliothécaires qui sont mobilisés pour permettre la circulation des connaissances, les mouvements pour la culture libre, Creatives Commons ou encore Wikipédia sont des projets emblématiques et populaires.

Autour de la question production/consommation, les mouvements paysans luttent pour l’accès à la terre et la circulation des semences et contre les OGM. Les AMAP, le mouvement coopératif dans sa grande diversité et les mouvements pour la sobriété et la décroissance qui considèrent les monnaies comme biens communs contribuent à la recherche d’indicateurs de développement alternatifs. Autour des ressources naturelles, ce sont la lutte pour le droit universel à une eau potable et salubre et celle pour la préservation du vivant, notamment les ressources marines et la biodiversité, qui agissent en ce sens.

Dans le domaine des techniques et de l’innovation, le mouvement du logiciel libre est l’un de ceux qui ont fait resurgir la question des biens communs dans la société. Il est rejoint sur ce terrain par tous ceux qui défendent l’innovation ouverte et plus généralement, le renouvellement des formes de partage de la propriété intellectuelle (Licence globale, licences de plein droit – license of right, Eco-Patent Commons, patent pools, etc.). Enfin, on peut prendre en exemple la gouvernance de l’internet et la défense de sa neutralité, comme illustration de la construction d’un bien commun à l’échelle du monde.

Une telle liste pourrait encore s’allonger, mais elle illustre largement, à la fois l’importance de l’expérience des acteurs sociaux, et à quel point la notion de biens communs joue un rôle clef dans les alternatives qu’ils portent. Les biens communs comme nouveau paradigme de développement sont maintenant une question à l’ordre du jour et les conférences récentes de Berlin en novembre 2010 et Hyderabad en janvier 2011 ont tenté d’en cerner les différentes dimensions tant aux plans social, culturel et économique.

Les enjeux d’une élaboration collective de la définition des biens communs

Face aux crises que traversent nos sociétés, la lutte contre l’accaparement des biens communs, l’invention de nouvelles formes de partage et de coopération ainsi que l’appropriation par le plus grand nombre de cette notion, dont on sait qu’elle est bien plus complexe que le simple abandon de la propriété privée, jouent un rôle essentiel. Par appropriation des biens communs, il nous faut entendre, l’usage, l’expérience personnelle et collective des communs et la politisation de cette expérience. La réflexion conduite par les chercheurs en sciences sociales, couronnée par le prix Nobel attribué à Elinor Ostrom en 2009, est une source de ce mouvement et s&r